Liège va (re)devenir la rebelle ! Liège sera capitale de la Culture en 2015 !
Communiqué de presse | Culture | 30 mai, 2008 | Rédacteur Web | René G. Thirion
Au long de sa longue histoire, Liège s’est toujours rebellée contre tous les pouvoirs locaux ou étrangers qui voulaient la contraindre, la diminuer ou même la détruire.
Il est évident que c’est le caractère de ses habitants qui favorise cet esprit libre et frondeur.
Le caractère liégeois n’est pas un héritage génétique, mais bien celui d’une culture partagée en commun sur des principes d’égalité, de justice et de liberté.
En 1853, Félix Mornand, Rédacteur en chef du Courrier de Paris, écrivait à son sujet « Le caractère liégeois a, dit un auteur, je ne sais quoi de prompt, d’ouvert, de facile, de vif, de spirituel, de malignement plaisant, de résolu, d’aventureux, dont on retrouve encore l’empreinte à travers l’exquise politesse et les formes bienveillantes de la bonne société.
On trouve même dans ce peuple, dit un autre, quelque chose de méridional : des yeux noirs, des cheveux noirs, un teint quelque peu basané, de la chaleur de tête , de l’imagination , de la gaieté, et cette irrégularité de traits qui annonce une race passionnée….
La politesse et l’hospitalité des Liégeois sont extrêmes, et il y a peu de villes où l’inégalité des fortunes se fasse moins sentir.
Le Liégeois est brave, bon soldat, curieux, grand parleur, et il cultive avec distinction toutes les branches d’art.
Il semble né musicien, poète, peintre, mécanicien ; son génie ne veut rien d’imité ; il se crée un talent propre, même en littérature.
Ce qui distingue particulièrement les Liégeois, c’est leur amour pour la liberté et pour leur pays. »
Cette description du peuple liégeois est toujours d’actualité en ce début de vingt et unième siècle et anticipe d’une belle bataille pour le titre de Capitale Européenne de la Culture 2015.
En effet, grâce à deux Liégeois Alain De Clerck et François Schreuer, l’un artiste et l’autre philosophe, les Liégeois ont appris que l’on s’apprêtait à les priver, en fois de plus, de la reconnaissance à laquelle la cité ardente avait eu droit jusqu’au début de la Deuxième Guerre mondiale, là où l’agression des armées du Reich, interrompit brutalement une Exposition de l’Eau qui s’annonçait particulièrement prometteuse.
Par un jeu politique subtil digne d’un état non démocratique, Elio Di Rupo, bourgmestre de Mons, mais aussi président du parti socialiste, a décidé de privilégier sa ville.
Cela ne serait rien si la course à la candidature était ouverte à toutes les cités importantes du pays et que le jury européen puisse choisir la capitale de la culture qui lui semblerait la plus digne de recevoir cette distinction, créée pour encourager le partage des richesses culturelles des membres de l’Union.
Mais vouloir imposer un seul dossier tout au moins pour la Région Wallonne est la prise en otage du jury indépendant certes, mais dont la seule légitimité serait d’entériner le choix fait par d’autres.
Yves Vasseur, commissaire de Mons 2015 déclare, « L’initiative liégeoise est sympathique et démontre une belle émulation.
Mais la candidature de Mons a été officiellement actée par la Communauté française en 2005, par la Région Wallonne en 2007.
À l’unanimité !
Ces décisions officielles ne peuvent être ignorées.
Et le Premier Ministre Yves Leterme s’est aussi prononcé en faveur de Mons. » Fermez le ban, les jeux sont faits.
Et il ajoute « Nous allons ouvrir un projet en étoile dont Mons sera l’épicentre et les alizés pourront souffler de tous les côtés.
Tout est ouvert pour que Liège puisse aussi participer comme partenaire actif de Mons. »
Mais qu’en pense, Willy Demeyer, bourgmestre de la ville de Liège ?
À un journaliste du Soir, il explique « En 1999, Liège a dû renoncer à devenir capitale de la culture pour sauvegarder ses institutions culturelles malgré le poids de la dette. »
C’est une réalité historique, mais il faut préciser que le pays de Liège et l’Euregio n’ont pas à subir les conséquences d’une gestion financière désastreuse de la ville et que ces riches régions culturellement et économiquement, points de rencontre entre latinité et germanité, seront fortement pénalisées par l’abandon du projet pour Liège.
D’autre part, cet édile communal semble penser comme un parfait capitaliste que tout est une affaire d’argent, et que le fait que Liège se soit vue soutenue par la Communauté entraine pour elle l’obligation de désormais se taire par gratitude.
La gratitude est une chose, l’humiliation en est une autre !
Mais le bourgmestre insiste « Chaque année Liège reçoit un total de 31,5 millions d’euros en subside de la Communauté Française face à Mons qui dispose de 6,7 millions.
Il en faut pour tout le monde. »
Il admet donc que Liège est totalement dépendante de la Communauté et serait condamnée si celle-ci cessait de l’abreuver de ce liquide dont elle est, elle-même, cruellement privée puisqu’elle fait appel régulièrement.
À l’aide de la Région Wallonne De plus n’est-il pas paradoxal et schizophrénique que Liège soit considérée comme moins culturelle que Mons alors qu’elle reçoit annuellement plus de quatre fois les subsides alloués en matière de culture que sa concurrente déclarée.
Évidemment, l’octroi de cette manne permet de contrôler les activités culturelles de la cité .
Prenons en exemple l’Orchestre Philharmonique de Liège.
Si le nom est fréquemment cité à Liège, de plus en plus on le trouve sous le vocable d’orchestre philharmonique de la Communauté française de Belgique ou Wallonie-Bruxelles.
Mais ce bourgmestre, par ailleurs sympathique, doit revoir sa manière de penser.
Que son amitié aille vers son président de parti soit, mais que sa fidélité aille vers sa ville.
C’est pourquoi il a été élu, c’est pourquoi les Liégeois l’aimeront ou le détesteront.
Et qu’il se souvienne de la présentation du caractère des Liégeois de Félix Mornand, ce qui les distingue particulièrement, c’est leur amour pour la liberté et pour leur pays.
Et si, d’aventure, le jeu continuait à être faussé, je pense que les Liégeois réunis par une volonté de « forcer l’avenir », comme la province de Liège aimait à l’affirmer, se rebelleront et pourraient créer en 2015 Liège, Capitale Alternative de la Culture et des Beaux Arts.
L’on verrait alors vers quelle cité iraient le choix des visiteurs étrangers et si le choix politique est le choix du cœur.
Mais rien qu’a voir la liste des signataires de la pétition pour la candidature liégeoise, il est facile de deviner où irait le succès.
Quand un combat ne peut être gagné sur un terrain, il suffit de changer de terrain !
A bon entendeur, salut.














































