Communiqué de presse | Culture | Liège l’Ardente ressuscite
Communiqué de presse 10 juin, 2008 | Rédacteur Web | René G. Thirion
Sommaire du communiqué de presse

Le 26 mai 2008, Liège s’est brusquement éveillée d’une longue léthargie qui l’avait conduite à ne plus croire en son destin.
Il est vrai.
La séance du conseil communal fut la condamnation sans appel de la ville par les dirigeants socialistes et humanistes, plus attachés à leur « combinazione » politiques qu’à la grandeur de la ville et de ses citoyens.
La demande de dépôt de candidature de la cité au titre de Capitale Européenne de l’Europe appuyée par une pétition réunissant plus de 7500 signatures sur trois semaines fut balayée d’un revers de main du bourgmestre.
On attendait Sébastien Laruelle, bourgmestre représentant les métiers et le peuple liégeois au 17e siècle, grand ami de la France.
Ce fut Peppone, le personnage de Giovannino Guareschi, grand défenseur du parti et de ses instructions, qui apparût.
Les initiateurs du projet Liège 2015, lucides, avaient prévu la défection de leur mayeur puisqu’ils avaient distribué dès l’entrée des nœuds papillons rouges portés par la majorité du public.
L’illustration parfaite de l’esprit frondeur liégeois, porter l’ornement caricatural du président du parti socialiste pour marquer l’opposition aux décisions pressenties.
Au contact de la passion d’un nombreux public motivé, jeune et enthousiaste, Willy Demeyer aurait pu brusquement devenir ce grand bourgmestre que Liège attend avec impatience depuis la mort de Maurice Destenay, ce bourgmestre « historique » ,qui renouerait avec la ferveur populaire.
En quelques mots, il a rejoint la caricature du chef d’une majorité d’un petit village italien de la plaine du Pô.
Son intérêt réel pour la ville de son président de parti fit que Christine Defraigne (MR) osa lui dire dans son intervention qu’il courbait l’échine devant Elio Di Rupo.
Il n’eut pas de réaction notable puisqu’il ne sut qu’argumenter sur des accords prévus de longue date (pris avant le nouveau règlement d’attribution de l’Europe) et sur le respect de la parole donnée, sur la nécessaire solidarité avec Mons qui, autrement dans le cas contraire, allait se faire souffler le titre par Malines et par conséquent favoriser la Flandre au détriment de la Wallonie.
Affirmation aussitôt contredite par l’opposition. Si la candidature de Malines était si prestigieuse que cela, c’est Liège qu’il fallait lui opposer.
Liège, ancienne capitale d’une principauté millénaire.
À essaimé durant des siècles dans le monde entier artistes et ingénieurs.
Liège qui est une ville de peinture, de sculpture, de musique, de chant et de folklore.
Ville de Tchantchès et de Charlemagne.
Liège à la Légion d’honneur.
Liège celle de la Meuse majestueuse, esprit festif et acceuillant .
Mais aussi Liège amputée de l’Exposition de l’Eau en 1939 par la guerre et qui espérait renouer avec son époque glorieuse.
Ce n’est pas une manifestation comme Electralis en 2001 qui pouvait rétablir Liège dans son dynamisme d’avant-guerre.
Lamentable tentative qui se solda par un cuisant échec financier et dont une partie de l’événement fut supprimée après quelques semaines d’ouverture.
Pour tenter de se justifier auprès de ses électeurs, le bourgmestre lança une promesse mais tout le monde sait ce que valent les promesses, elles n’engagent que ceux qui les reçoivent !
Et puis quelle promesse.
La plus incroyable et la plus folle !
Quand on sait ce que cela coûte en nouvelles infrastructures alors que notre ville sera enfin prête pour le rôle culturel qui est le sien depuis des siècles.
En 2017, Liège postulerait à l’organisation d’une exposition internationale.
En 1996, Jean-Maurice Dehousse, alors bourgmestre de Liège, promit la candidature de Liège comme Ville d’Europe en 2015.
L’on voit ce que ces visions à long terme donnent. L’abandon du projet par son successeur, fut-il du même bord
Evidemment à l’époque , qui pouvait prévoir l’avènement, je n’ose dire le sacre, de Monsieur Di Rupo ?
Enfin dans la foulée des décisions prises, le bourgmestre a présenté un protocole d’accord avec la Ville de Mons qui prévoit la participation aux festivités de la cité du Doudou pour répondre à la transversalité wallonne.
Transversalité ? nouveau mot à la mode qui signifie simplement “restons au niveau de autres- Restons en surface et surtout n’approfondissons surtout pas”
Donc en 2015, Liège verrait ses principaux atouts partir à Mons pour mieux l’aider à vider Liège de ses touristes qui font partie pourtant de son plan de développement.
En matière de solidarité, le geste est beau mais en matière de gestion économique, il est totalement irresponsable.
Liège, en plein essor, en pleine reconstruction, en plein rajeunissement ne peut accepter ce jeu politicien.
Aussi, c’est le moment de continuer à vouloir, à exiger, à obliger les responsables politiques à faire ce pourquoi ils ont été élus, défendre et promouvoir le vie liégeoise.
Ce n’est pas leur bon plaisir, c’est leur devoir.
Il faudra d’ailleurs se rappeler aux prochaines élections de 2009, ou peut-être celles qui seraient anticipées, que socialistes et humanistes de Liège ont préféré des accords pris entre eux plutôt que d’écouter la voix des électeurs.
Mais comme le dit le titre de cette chronique, Liège, l’Ardente ressuscite.
En sortant de ce conseil communal funeste pour la ville, j’ai vu les jeunes et les moins jeunes, j’ai entendu François Schreuer et Alain De Clerck dire « ce n’est pas fini.
C’est maintenant que cela commence vraiment ».
Et je suis pleinement d’accord avec eux.
Il reste les milliers de signatures qui vont venir s’ajouter à la pétition.
Il y a l’appel à l’Europe qui encourage de plus en plus la démocratie citoyenne et enfin l’arme suprême, que les forces vives liégeoises décident de créer le titre de « Liège, Ville Alternative de la Culture 2015 ».
Promotionner la région en organisant et en mettant à l’honneur de nombreuses activités culturelles en même temps.
L’on sait qu’en Avignon, une bonne partie du succès de son festival se situe dans les spectacles « off ».
Pourquoi ne serions-nous pas les spectacle « off » de Malines ou de Mons ?
Certains m’interrogeront sur l’attitude alors négatives des responsables politiques.
Je leur demanderai, avons-nous besoin de ce type de soutien pour pouvoir assumer notre vie sociale et culturelle ?
D’autres me diront, cela risque de ternir l’image ou le succès de Mons et de casser la solidarité wallonne.
Je leur répondrai que vouloir empêcher la candidature de notre ville, est déjà une manifestation de cette division que nous ne voulons pas mais que l’on nous impose par la volonté du parti socialiste et de son compère CDH.
Quelle belle leçon de démocratie que de supprimer les concurrents pour être sûr de gagner.
En conclusion, je dirai que les socialistes liégeois ont bien choisi leur couleur, le rouge mais ce n’est pas celle des fusillés de Grâce-Berleur ou des victimes d’une industrialisation esclavagiste.
Pour moi, aujourd’hui, ce serait simplement plutôt celle de la honte !
Dossiers de Presse belgique, Culturel, politique, liège, 2015











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